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Partir en vacances avec une perte d'autonomie

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Préparer un départ en vacances avec du matériel adapté

« On aimerait l'emmener une semaine avec nous, mais on ne sait pas si c'est raisonnable. » Cette hésitation est le début d'un renoncement — et souvent un renoncement de trop. Par prudence, on n'emmène plus le parent âgé en vacances. Puis, l'année suivante, on ne l'invite plus au repas de famille éloigné. Le périmètre se rétrécit, séjour après séjour.

Or beaucoup de séjours restent possibles, à condition de les préparer. Le but de cet article n'est pas de dissuader : c'est de montrer ce qui rend un départ envisageable, pour que « c'est trop compliqué » ne devienne pas un « on ne part plus ».

Sommaire

  1. Renoncer aux vacances : le renoncement qui en annonce d'autres
  2. Vérifier l'accessibilité réelle du lieu
  3. Ce qu'on emporte : les aides transportables
  4. Louer sur place : ce qui se trouve
  5. Le trajet : la vraie difficulté
  6. Prévoir la fatigue, à l'aller comme au retour

Renoncer aux vacances : le renoncement qui en annonce d'autres

Partir en vacances, ce n'est pas un luxe accessoire. C'est un changement de décor, des retrouvailles familiales, du soleil, une rupture avec le quotidien parfois solitaire du reste de l'année. Y renoncer par principe, « au cas où », a un coût réel sur le moral et sur le lien.

La prudence est légitime : un environnement inconnu est plus risqué qu'un logement dont on connaît chaque repère. Mais la bonne réponse n'est pas de renoncer — c'est de préparer, exactement comme on prépare le logement lui-même. Un séjour qui se passe bien, c'est presque toujours un séjour anticipé.

Vérifier l'accessibilité réelle du lieu

C'est le point où les mauvaises surprises se concentrent. Une location décrite comme « de plain-pied » ou « accessible » ne l'est pas toujours : les annonces montrent rarement les seuils, les marches d'entrée, la largeur des portes ou la hauteur de la douche.

Avant de réserver, il vaut la peine de poser des questions précises, et de demander des photos ciblées :

  • l'accès : y a-t-il des marches à l'entrée, un ascenseur si c'est en étage, un parking proche ?
  • les seuils : entre les pièces, à la terrasse, à la douche ?
  • la salle de bain : douche ou baignoire ? Un espace pour se doucher assis ?
  • la largeur des portes, si un déambulateur ou un fauteuil doit passer ;
  • le lit : sa hauteur, la place autour pour aider si besoin.

Pour un séjour chez des proches, le même repérage vaut : la chambre est-elle à l'étage ? Y a-t-il de quoi se doucher en sécurité ? Un coup de fil et quelques photos évitent d'arriver devant un obstacle qu'on aurait pu contourner.

Ce qu'on emporte : les aides transportables

Une partie de ce qui sécurise le domicile existe en version transportable, et tient dans un coffre de voiture :

  • un rehausseur de WC clipsable, léger, qui transforme des toilettes trop basses ;
  • un tabouret de douche pliant à pieds antidérapants ;
  • un tapis de douche à ventouses de bonne qualité ;
  • une barre d'appui à fixation temporaire — utile comme repère, jamais comme point d'appui pour tout le poids du corps ;
  • une veilleuse à détection sur prise, pour sécuriser le trajet nocturne vers des toilettes qu'on ne connaît pas ;
  • les aides du quotidien habituelles : enfile-bas, pince à long manche, couverts adaptés.

Pensez aussi, et surtout, aux médicaments : une réserve suffisante pour tout le séjour plus quelques jours de marge, l'ordonnance sur soi, et les coordonnées du médecin traitant. Un pilulier préparé évite les oublis dans le désordre des vacances.

Louer sur place : ce qui se trouve

On n'emporte pas tout. Le matériel lourd — fauteuil roulant, lit médicalisé, déambulateur — se loue sur le lieu de vacances, auprès de prestataires de matériel médical présents dans la plupart des villes. Un appel avant le départ permet de réserver ce qui sera livré ou à récupérer sur place.

C'est particulièrement utile pour un séjour long, ou dans un lieu difficile d'accès en voiture chargée. Renseignez-vous aussi : selon la situation, une partie de cette location peut relever d'une prise en charge — c'est à voir avec le médecin, qui peut établir une prescription.

Le trajet : la vraie difficulté

Souvent, ce n'est pas le séjour qui pose problème, mais le trajet pour y arriver. Rester assis des heures, la chaleur d'une voiture, les correspondances d'un train, la fatigue accumulée.

Quelques principes :

  • Fractionner : des pauses régulières pour se dégourdir, aller aux toilettes, boire. Une pause toutes les deux heures au minimum.
  • Partir aux heures fraîches en été, tôt le matin, jamais en plein après-midi caniculaire dans une voiture qui chauffe.
  • Emporter de l'eau et de quoi grignoter frais à portée de main, sans avoir à s'arrêter pour ça.
  • Pour le train, les services d'assistance aux personnes à mobilité réduite se réservent à l'avance et facilitent l'accès aux quais et les correspondances.
  • Prévoir le trajet comme une étape à part entière, pas comme une formalité à expédier : c'est souvent le moment le plus éprouvant du voyage.

Prévoir la fatigue, à l'aller comme au retour

Un séjour, même agréable, fatigue. Le changement de rythme, de lit, d'environnement demande de l'énergie. Il est normal qu'une personne âgée soit plus fatiguée pendant et après les vacances — cela ne veut pas dire que c'était une erreur de partir.

Deux réflexes utiles : ne pas surcharger le programme (mieux vaut une sortie par jour et du repos que trois activités et l'épuisement), et prévoir un retour en douceur — pas de rendez-vous ni de démarches dès le lendemain, le temps de retrouver ses repères et son rythme à la maison.

Partir avec une perte d'autonomie demande de l'anticipation, pas du renoncement. Vérifier le lieu, emporter les aides transportables, louer le reste sur place, ménager le trajet et la fatigue : à ce prix, beaucoup de séjours qu'on croyait impossibles redeviennent possibles — et avec eux, tout ce que les vacances apportent au moral.

Le retour à la maison est aussi un bon moment pour vérifier que le logement est toujours adapté : c'est le sens d'une visite de suivi, qui fait le point sur ce qui a changé.

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